HYÈNES EN JUPONS

Collectif féministe qui dérange pour transformer

Ricochet sur Jean Barbe

 

barbe

Comme bien d’autres, j’ai appris la semaine dernière que Jean Barbe avait été reconnu coupable de harcèlement sexuel. Une affaire qui a été publicisée en 2003 et dont on en a peu entendu parler par la suite, hormis une entrevue à Tout le monde en parle en 2008 où Barbe clamait son innocence – soi-disant prouvée par ses écrits et les bonnes paroles des gens qui le connaissent. Pendant la grève de 2012, où il a manifesté aux côtés des étudiantes, aucun son de cloche non plus. Quelques gestes seulement, certaines qui se rappellent avoir été tripotées par le bonhomme pendant une manif, ou alors qui ont reçu quelques remarques machos non sollicitées. Mais rien qui n’a fait les manchettes.

 

Ça ne sera pas la première fois qu’un homme qui se dit progressiste adopte des comportements machos et sexistes. On peut réfléchir aux dénonciations d’agressions sexuelles qui sont survenues dans le mouvement étudiant quelques mois après la grève de 2012. En effet, plusieurs militants qui tenaient pourtant un discours – et des écrits – pro-féministes ont commis des agressions sexuelles à l’endroit d’étudiantes pendant et après la grève. À chaque dénonciation d’un homme que je connaissais, avec qui j’avais milité, à qui j’avais fait confiance, je ressentais comme une immense trahison. Il y en a eu des dizaines. Plus récemment, la dénonciation de Jian Ghomeshi a ouvert la portes aux témoignages de femmes issues de plusieurs milieux. Sous pratiquement chaque article en ligne portant sur Ghomeshi, il y avait des commentaires de femmes qui racontaient avoir vécu des agressions à un moment ou un autre de leur vie, et qui soutenaient les victimes.

 

Pour revenir à Jean Barbe, ce verdict a refait surface car il signait tout récemment sa première chronique avec Ricochet, un média progressiste sociofinancé. Dans leur campagne Indiegogo, on peut y lire la description de ce que serait une bonne chronique : « Pour nous, une chronique doit provoquer une réflexion sur les grandes questions de notre temps, des changements climatiques au sexisme, à l’homophobie et à la xénophobie. » Le recrutement de plusieurs féministes comme collaboratrices dans ce nouveau média laisse aussi croire que l’équipe de Ricochet a une certaine sensibilité face à ces questions.

 

C’est du moins ce dont nous étions persuadées. En apprenant que Barbe avait harcelé sexuellement Mireille Des Rosiers et en lisant les propos tenus par ce dernier – d’un sexisme et d’un racisme dégueulasses – nous avions l’espoir que Ricochet, avec son étiquette progressiste, anti-sexiste et anti-xénophobe, ferait quelque chose, dirait quelque chose. Plusieurs femmes ont écrit des commentaires sur la page Facebook du média et certaines de ses collaboratrices ont été interpellées directement. Et puis rien ne s’est passé.

 

«Le harcèlement exercé par M. Barbe n’était pas uniquement de nature sexuelle. Il était également lié à des facteurs comme la race et l’origine de Mme Des Rosiers. Les comparaisons de M. Barbe entre la couleur de la peau de Mme Des Rosiers et celle de sa chienne, sa déclaration selon laquelle danser était dans son sang et ses commentaires racistes au sujet de ses attributs physiques étaient des commentaires offensants. Il se faisait un point d’honneur de proférer, en sa présence, des commentaires racistes désobligeants envers les Africains et les Noirs. Il manifestait, de par son comportement, un dégoût pour tout ce qui avait trait à son origine haïtienne.» – Décision rendue par le Tribunal canadien des droits de la personne

 

Cela m’enrage de voir que quand vient le temps de mettre en pratique certains principes, les personnes responsables se défilent. Ne pas répondre à ces critiques, les ignorer, c’est faire comme si elles n’existaient pas. C’est se faire complice du statu quo. Dans le cas de Ricochet, on peut supposer que le prestige et la notoriété du nouveau chroniqueur valent beaucoup. Ça vaut trop, semblerait-il, pour prendre au sérieux ses paroles et ses gestes déplacés à l’endroit de femmes. Et trop pour répondre à celles qui posent des questions sur cette collaboration.

 

Je lance toutefois un appel aux médias alternatifs. Avec les dénonciations qui se multiplient, de plus en plus de femmes brisent le silence, avec tout le courage que ça prend. Particulièrement lorsque les hommes visés sont des «personnalités». Votre devoir est de supporter ces femmes, de ne pas devenir vous aussi les complices silencieux de la culture machiste et de la culture du viol. Il y a eu les dénonciations de Jean Barbe, Gab Roy, Ethan Cox, Jian Ghomeshi, et il y en aura d’autres. De quel côté serez-vous?

 

 

Edit : Le 5 novembre 2014, les Hyènes en jupons ont reçu une mise en demeure de l’avocate de Julien Day en raison du fait que son nom apparaissait au dernier paragraphe du présent billet. Pour l’instant, les Hyènes en jupons ont décidé de retirer son nom du billet en l’attente de conseils juridiques sur la question.

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39 commentaires sur “Ricochet sur Jean Barbe

  1. Marc O. Rainville
    3 novembre 2014

    Bonjour ! Lorsqu’il était rédacteur en chef de Voir, Jean Barbe a commis un pamphlet mysogyne déguiséen article contre la chanteuse Mitsou qui démarrait sa carrière avec son fameux  »Bye-Bye mon cow-boy ! ». Il s’en est mordu les pouces car il a reçu une tonne de m. la semaine suivante dans le Courrier des lecteur(trice)s.

  2. Umzidiu Meiktok
    3 novembre 2014

    Julien Day?

    • Hyène en jupons
      3 novembre 2014

      Il y a un une dénonciation de Julien Day qui a été faite via les médias sociaux hier.

      • Umzidiu Meiktok
        3 novembre 2014

        Désagréable et troublant à lire, mais nécessaire. Merci pour l’info.

      • Ariane Gagnon
        5 novembre 2014

        Si par «dénonciation» on veut dire «vaguebooking».
        Je m’excuse là, mais il me semble que si violence il y a, il me semble que tu vas voir la police OU tu fais une déclaration claire et concise.
        De plugger Julien dans ce texte à côté de Gomeshi (ACCUSÉ PAR PLUSIEURS FEMMES) et Jean Barbe (RECONNU COUPABLE) c’est un peu…exagéré?

      • Hyène en jupons
        5 novembre 2014

        Nous mentionnons seulement qu’il y a eu dénonciation. On ne fera pas le procès de Julien Day, ni de la femme qui l’a dénoncé ici.
        Il ne faut pas toujours se fier sur la forme. Par exemple, la première dénonciation de Gab Roy a été discréditée car elle était soi-disant floue et faite de manière anonyme. Quelques mois plus tard, il y a eu des accusations formelles contre lui.
        Il n’existe pas que deux choix, soit la plainte à la police, soit le récit ultra-détaillé. Les femmes qui font une dénonciation n’ont pas à étaler tous les détails de ce qu’elles ont vécu.

  3. Gabriel Lechevalier
    3 novembre 2014

    Je ne suis pas totalement convaincu de tout ce qu’on accuse de Jean Barbe et cela même s’il y a jugement qui a été prononcé à son égard, car on oublie souvent le fait que Jean Barbe a principalement perdu son procès en n’y allant pas, tout simplement et ceux qui le condamne évite toujours de le dire. Pourquoi ? C’est assez facile de perdre un procès lorsqu’on ne se présente pas en cour. Il affirmait d’avance que même lorsqu’on était innocent, certaine cause était perdu d’avance.

    • Papatosaurus Rex
      4 novembre 2014

      excuse, mais ton commentaire ne dit rien sur la culpabilité ou l’innocence de Barbe dans ce dossier. C’est de sa faute s’il ne s’est pas rendu à son procès, ça n’enlève ni n’ajoute rien à l’accusation.

      • Gabriel Lechevalier
        6 novembre 2014

        Au contraire, car on est innocent à preuve du contraire et la preuve n’a pas été faite, car il a refusé de se défendre. Et que savez-vous des motifs qui l’on poussé à ne pas se défendre. Le refus de se défendre n’est pas nécessairement un aveu de culpabilité.

      • anarcholevesque
        11 décembre 2014

        Ca prouve aussi son maschisme, les survivant.e.s d’agressions sexuelles savent combien un procès c’est difficile pour la victime, bien plus que l’agresseur qui a plus de chance de gagner. On fouille la vie de la victime, on veut prouver « qu’elle l’a chercher » qu’elle l’a « teaser » en bref, que c’est de sa faute si elle s’est fait agressée et que l’agresseur est la victime. En n’y allant pas, il statue sois qu’il ne fait pas confiance au système de justice, sois qu’il croit que c’était perdu d’avance parce que les survivant.e.s gagnent toujours (tsé ce stéréotype sexiste la qui est faux…). Donc, ça l’inculpe selon moi encore plus, mais c’est mon opinion

  4. margot rioux
    3 novembre 2014

    Trop lâche pour entendre LA vérité???

  5. Maria
    3 novembre 2014

    En 2012, j’étais dans les manifs et j’ai eu un gros malaise en voyant Jean Barbe se promener fièrement en bobette avec nous… le mec a 60 ans!!! 😦

    • Rom
      4 novembre 2014

      Il est né le 24 novembre 1962. En 2012, il avait cinquante ans.

      • Maria
        5 novembre 2014

        ça reste un harceleur sexuel qui s’imposait dans une manif avec des étudiantes de 20 ans

    • Annabelle
      6 novembre 2014

      Peu importe l’âge qu’il avait ou qu’il a, l’idée ici n’est pas de faire preuve d’âgisme. Au contraire, c’est bien qu’il y ait des gens de toutes les générations lors de grands moments de mob comme en 2012. Le problème, c’est qu’il ait commis des agressions, et qu’il poursuive sa vie, sans excuse, sans rien, comme si rien était. En bobette ou non, ça pas ça l’enjeu, il me semble.

    • fredelbel
      7 novembre 2014

      C’est quoi ce commentaire? C’est correct de le faire à 22 mais pas à 50 ? C’est selon l’âge et la fermeté de la peau qu’on peut désormais dire si un militant est éligible à la protestation solidaire? Ça s’appelle de l’âgisme ma chère, et c’est une mentalité des plus déplorables. Et qu’est-ce que tu dirais de savoir que des jeunes femmes et des jeunes hommes mineurs ont fait cette marche ?

  6. Charlot
    3 novembre 2014

    Gabriel – peut-être il a perdu son cause à cause de son absence, mais ça dit quelque chose en soit, non? Qu’il ne prend pas les accusations – ni le tribunal – au sérieux. Et je dirais que c’est beaucoup plus facile de dénoncer « une cause perdu d’avance » que de faire face à des accusations légitime, et peut-être perdre. En fait, c’est très facile pour les hommes blancs de dire, « ce sont des fausses accusations, alors je ne me présente pas, » et utilisé ceci comme protection. Mais si on inverse la situation – que Mme Des Rosiers fait une plainte, mais finalement perde confiance dans le tribunal, ne se présente pas, et Jean Barbe, en se présentant, gagne la cause. Est-ce que là vous diriez que, ben, M. Barbe n’est pas innocent – il a seulement gagné sa cause parce que Mme Des Rosiers ne s’est pas présenté?

    J’ajouterais que, tenant compte de l’historique de note système judiciaire (les tribunaux inclus), c’est plutôt les femmes de couleurs qui auraient raisons de se méfier de la système, que Jean Barbe.

    • Gabriel Lechevalier
      4 novembre 2014

      Vous ne savez rien des motifs qui l’on poussé à croire que sa cause était perdu d’avance au point de renoncer à se défendre. Et je doute que ce fut un choix facile pour lui sachant à l’avance que cela allait nuire à sa réputation au point de perdre un emploi, surtout dans son milieu. Je vous dirais que c’est plus facile de lancer la première pierre à un homme blanc lorsque la victime « présumé » est une noire. Je dis bien « présumé », car ce procès en est-il un vrai, lorsque le principal accusé n’est pas présent pour se défendre ?

      • Charlot
        5 novembre 2014

        «Je vous dirais que c’est plus facile de lancer la première pierre à un homme blanc lorsque la victime « présumé » est une noire. »

        Mais non, es-tu sérieux? C’est une mauvaise blague? C’est plus facile de soumettre une plainte contre son collègue que de se présenter pour son propre procès? Avec tout ce qu’on voit ces journées-ci, qu’on continue pour le majorité de blamer et attaquer les survivant-e-s d’aggression et harcèlement sexuelle, tu dis que c’est plus facile pour une femme de couleur de soumettre une plainte contre un « star » médiatique blanc que pour l’homme de se présenter à son propre procès? C’mon… C’est vrais, je ne connais pas ses motifs. Toi non plus. Mais de dire que quelqu’un est hors critique parce qu’il n’a pas été trouvé coupable parce qu’il ne s’est pas présenté à son procès. Si on regardait ça d’une autre lumière

        « Mmes et Mess du publique. Je sais que j’étais trouvé coupable de vole/meurtre/agression armé. Mais la cause était perdu d’avance, alors je ne me suis pas présenté. Je vous dis que, même si le court m’a trouvé coupable, vous n’avez rien à craindre. C’était seulement parce que je n’étais pas là. Croyez moi quand je vous dis j’ai commis aucune crime. »

        Franchement…

      • Gabriel Lechevalier
        6 novembre 2014

        @Charlot,

        Vous interprétez mes propos de travers, je n’ai pas dit que c’était facile de soumettre une plainte. Je dis simplement que c’est trop facile de lancer la première pierre à Jean Barbe, alors qu’il n’a aucunement l’intention de se défendre tout en disant qu’il est innocent. Ensuite, vous présumez savoir ce qu’il l’a poussé à renoncer à se défendre, soit qu’il serait coupable, autrement dit, pour vous, il serait coupable avant même de se défendre.

  7. Louis
    3 novembre 2014

    Ne pas se présenter à un procès quand on est accusé d’harcèlement sexuel?
    Phoque…il fallait qu’il soit drôlement occupé.
    S’il était malade ou qu’il avait une sacrée bonne raison (il y a des exceptions) de pas y assister, il aurait eu un délai, right?

    • Anne
      5 novembre 2014

      Jean Barbe a surtout été accusé de racisme !?! La plaignante a été embauchée comme stagiaire à travers un programme d’intégration des minorités. Et selon elle, dès le jour 1, elle était victime de discrimination. Pas juste de la part de Jean Barbe, mais aussi de Jocelyn Barnabé, LE réalisateur de RadioCan et de Joanne Comte la recherchiste et blonde de Jean Barbe. À un moment donné, quand tu décides que tu es ostracisée, tout ce qui sera lancée dans ta direction aura des relents de racisme.

  8. Maria
    3 novembre 2014

    Rappelons aussi que Jean Barbe a été condamné dans une autre cause pour non-paiement de ses impôts! Tsé, il fait la morale à tout le monde et il paie pas ses impôts!

    http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/proces/201304/11/01-4639975-jean-barbe-le-fisc-et-la-loi-se-raccordent.php

  9. Cassandre Fournier
    3 novembre 2014

    Cassandre Fournier Hélas, plus rien ne me surprend, surtout quand il s’agit de  »vedettes supposément séduisantes »! On ne peut plus se fier sur personne, homme ou femme, transgenre, etc. Les prédateurs sexuels sont partout et c’est un miracle si on n’en est pas victime, que l’on soit une femme, un homme, un ado, un enfant… quelle société pourrie!!!

  10. Julie
    4 novembre 2014

    Il y a ça aussi qui est pas mal gros à propos de Julien Day

    • Greg
      5 novembre 2014

      J’arrive pas à trouver quoi que ce soit à propos de Julien Day, ça viens d’où cette histoire là?

      • Annabelle
        6 novembre 2014

        Julien Day a contacté ses avocats et a déposé une série de mise en demeure à ce sujet. Un élément de plus qui vient renforcer la culture du silence dans laquelle sont prises les personnes qui voudraient dénoncer.

  11. Isabelle L
    6 novembre 2014

    C’est faux de dire que Jean Barbe s’est défilé. Le premier procès a duré plusieurs années. Il est passé dans le tordeur du tribunal du travail à Radio-Can. Tout le monde qui travaillait avec Jean Barbe a été appelé à témoigner. Et chacune des allégations a été réfutée. Aucun témoignage, aucune preuve a été apportée pour corroborer les accusations. Personne chez Radio-can avait été témoin de discrimination ou de harcèlement envers cette fille-là. Et elle a pas juste accusé Jean Barbe, elle a aussi accusé la mère de ses enfants qui faisait partie de leur équipe et Jocelyn Barnabé, le réalisateur. Quand elle a réalisé qu’elle perdait sa cause, elle s’est tournée vers le groupe d’aide sur le harcèlement au travail. Cette fois-là, Jean Barbe était le seul accusé. Je sais pas pourquoi ils se sont pas présentés à la Cour, mais je pense qu’à un moment donné, les nerfs ont lâché et je pense qu’ils ont fait faillite et décidé, lui et sa blonde, d’abandonner la bataille. By the way, si je suis tombée sur cette page, c’est parce que moi aussi j’ai été victime d’agression sexuelle quand j’étais ado et que je viens de rejoindre le mouvement #AgressionNonDenoncee. Je veux bien dénoncer les agresseurs, mais la chasse aux sorcières, je trouve ça extrêment dangereux et pire encore, ça nuit à la cause. Faut vraiment pas connaître Jean Barbe et ne pas avoir suivi sa carrière pour penser qu’il peut-être raciste et misogyne. Et si vous voulez lire un livre très troublant sur le sujet qui vient juste de sortir, lisez le livre de Néfertari Bélizaire. Vous savez pas c’est qui Néfertari Bélizaire? Googlez-la. Fait intéressant, son éditeur, c’est Jean Barbe!

    • Élisabeth Germain
      21 novembre 2014

      Le livre de Néfertari Bélizaire a été publié chez Leméac en septembre 2014. Jean Barbe a été directeur éditorial de Leméac de 2005 à 2010. Il a ensuite été « collaborateur externe ». Pas de quoi dire qu’il est éditeur de Bélizaire!

      • Isabelle L
        23 novembre 2014

        Jean Barbe est bel et bien l’éditeur de CRU, le livre de Néfertari Bélizaire publié cet automne chez Leméac. Il a quitté ses fonctions de directeur éditorial en 2010 mais travaille toujours comme éditeur chez Leméac. Bon an, mal an, il publie près d’une dizaine d’auteurs québécois. Il a accueilli le projet de Néfertari, il a guidé et accompagné Néfertari dans l’écriture, et il a poussé et permis la publication de ce livre hors norme. Jean Barbe est l’éditeur du premier roman de Néfertari Bélizaire.

    • Francis Dupont
      15 décembre 2014

      Enfin un commentaire intelligent, bonne chance dans tes démarches mon amie.

  12. Oli
    10 novembre 2014

    Je pense qu’il ne faut pas mêler culture du silence et protection contre la diffamation. Julien Day a admis dans son statut avoir des choses à se reprocher, avoir des problèmes de violences. Par contre, je peux le comprendre de vouloir éviter que sa situation ne soit plus grandement débattu sur internet, ou des situations peuvent prendre n’importe qu’elle tournures et, dans le contexte actuel, se transformer en lynchage.

    De savoir publiquement que quelqu’un est accusé est en soit un bris du silence. Rien ne peux faire taire ce qui se sait déjà. Lui même s’auto accuse publiquement. Le fait de se protéger contre un possible dérapage populaire ne muselle pas la l’existence de la situation.

    Une fois cette étape réglée, comme toute personne il a le droit de débattre hors de la sphère publique de la nature de ce qu’il a à se reprocher. On a beau avoir soif de détail et de vérité absolu, ceux-ci ne concerne personne d’autre que les personnes touchées (accusé, victime, proches).

  13. Basel
    11 novembre 2014

    Ce n’est pas à Jean Barbe ni à ce forum de décider s’il est innocent ou pas.

    C’est la cour qui décide et le verdict est là : COUPABLE. Tout le reste c’est de la masturbation intellectuelle.

  14. orpheonegra
    11 novembre 2014

    A reblogué ceci sur badassafrofemet a ajouté :
    Force est donc de constater que les violences à l’encontre des femmes noires suscitent toujours moins d’émoi et ce, quelle que soit la rive de l’Atlantique.
    Chaque jour qui passe,me voit un peu plus rêver d’une Internationale Afroféministe.
    ‪#‎UnitedWeWillRise‬ ‪#‎Negrophobie‬ ‪#‎Mysoginie‬ ‪#‎SistaDiaspora‬

  15. Vimbor
    17 novembre 2014

    Vous laissez entendre que Jean Barbe n’a jamais pris au sérieux les accusations portées contre lui. Vous avancez qu’il s’est contenté de ne pas répondre présent à son procès. Devant les faits, votre mise en contexte est erronée. Car dans les faits, il y a eu deux procès. Le premier, c’était devant le tribunal du travail. Et devant ce tribunal du travail qui a duré quelques années, toutes les accusations et allégations ont été réfutées par TOUS les témoins oculaires et auditifs. Devant le tribunal du travail, il ne s’est trouvé PERSONNE pour corroborer les allégations de la plaignante. Il ne s’agit pas de ouï-dire, de téléphone arable ou de ragots, mais de faits. Il en va de même pour le second procès. Lorsqu’on lit le jugement, les gestes et les paroles de Jean Barbe nous sont présentés comme des faits. Pourtant, aucun témoignage n’est présenté, pas un seul mot soufflé ou écrit de quiconque pour soutenir les allégations et les accusations. Considérant tous ces gens cités dans le jugement, c’est tout de même déroutant.

    Maintenant, les rumeurs. Voici ce que l’entourage de Jean Barbe avance : si Jean Barbe ne s’est pas présenté à son procès, c’est qu’il avait, à l’époque, suivi le conseil de son avocat. Ils étaient conscients (Jean Barbe et sa blonde) qu’ils allaient se faire plumer en procédures juridiques. Après cinq (5) ans à se battre pour rétablir sa réputation, ils ont réalisé que le mal était déjà fait, que le doute était installé dans l’esprit des gens et qu’il portait déjà (coupable ou non) le poids du jugement populaire. Son absence s’expliquerait aussi par le fait que lui et sa blonde avaient deux enfants aux couches à l’époque et qu’ils auraient décidé de sauver leurs peaux et préserver leurs santés mentales (ou ce qu’il en restait) plutôt que de repartir pour une deuxième ronde.

    Je vous suggère une lecture fort troublante, mais des plus appropriées : CRU, le premier roman de Néfertari Bélizaire. Une auteure confronte son agresseur, Leméac 2014. Qui en est l’éditeur? Je vous le donne en mille: Jean Barbe 
 


    http://ici.radio-canada.ca/emissions/plus_on_est_de_fous_plus_on_lit/2014-2015/archives.asp?date=2014%2F09%2F29&indTime=946&idmedia=7169085

  16. Ping : Le silence «féministe» de Ricochet | jesuisféministe.com

  17. Antoine Plouffe
    10 décembre 2014

    Les attaques que vous faîtes contre Jean Barbes sont-elles réellement fondées? Il ne faudrait pas croire que le jugement d’une cours de justice signifie un rendement de la vérité car il existe un très grand nombre d’évidences du contraire. Je ne sais pas ce qui s’est passé ou ne s’est pas passé dans son histoire, mais je trouve sa version drôlement crédible http://jeanbarbe.com/.

    Il faut être précautionneux lorsqu’on lance des accusations d’une telles magnitudes car elles blessent (assurément!) et peuvent ruiner la réputation, voire la vie d’une personne (à ce sujet je conseille le film THE HUNT). Il ne s’agit pas de s’empêcher de dénoncer, mais dans le cas spécifique de Jean Barbe j’ai l’impression qu’il y a peut-être un malentendu (bien sur je me trompe peut-être).

    La victime n’est pas toujours la personne qu’on pense.

  18. Marc O. Rainville
    13 décembre 2014

    Le doute
    Dans sa réplique, Jean Barbe soutient qu’il vient d’une  »génération de passeurs » (les X). Juste pour ça, je lui accorde 10/10 pour m’avoir fait rigoler. Il tire sur les Babyboomers: encore une fois 10/10, pour l’originalité du propos éculé. La table est mise pour le reste. Ses dénégations sont pure esbroufe et enflure, la marque de commerce des fabulateurs patentés. Un texte truffé de jamais, de toujours… Barbe se drape dans le support que son équipe de Radio-Canada lui aurait accordé. Pfiou, c’est lui qui signait leur chèque de paye !
    Je le connais Barbe, c’est un  »À gauche toute ! » de salon. Sympa, bien habillé, articulé. On l’a vu à la Place du Peuple en 2011. Bravo. Mais il a pris un ton condescendant à propos des Indignés à la télé :  »Il était temps que ca se termine. » Je m’empresse d’ajouter cependant que ça prend aussi du monde de gauche dans le salon.
    Dans la réplique qu’il vient de publier, notre homme tente de faire porter le blâme, la responsabilité de sa difficile position actuelle, aux jeunes féministes qui le dénoncent. Diviser pour régner. Comme s’il n’était pas un objet d’opprobre pour la multitude !
    Clin d’oeil. Je sais que tu as des fans, Jean. Mais tu ne peux t’empêcher de t’en prendre à une partie de ton futur électorat. Est-ça le fond de la question ? Tu comptes briguer une charge élective ?
    Quand il était à Voir, le chroniqueur a écrit un texte sur la jeune Mitsou qui avait alors dix-sept ans. C’était un pamphlet, une charge haineuse, d’une profonde misogynie. Je l’ai ramassé à l’époque sur le sujet et il n’est pas prêt de l’oublier. Mitsou lui a pardonné. Mais à la fin, ce sont des choses qui nous rattrapent. Pas safe le gars, pas sain… Je comprends Mireille Desrosiers, la collègue de travail (une Boomer…) qui l’a dénoncé. Elle s’en est prise à une institution. Elle a pris le risque de ne pas être crue. Quel courage !
    Barbe en remet. Normal, il se défend. Mal.  »Jamais, ne l’avais-je sexuellement harcelé (…) » (Le participe passé s’accorde ici au féminin, Jean, harcelée !)  »Tout au plus, au cours de ces deux années, avais-je peut-être fait deux ou trois blagues qu’il serait juste de qualifier de mauvaises ou de douteuses. »DRRREEN Game over ! Tu ne peux t’empêcher d’exhiber la pointe de ton iceberg, mon homme.  »Se battre pour dissiper (le doute) est un combat quasiment impossible à gagner. » Seulement quand on doute de soi, Jean. Seulement quand on rencontre ce doute dans le regard de son avocat, celui de ses proches.
    Cette dame s’est retrouvée dans un environnement de travail toxique avec harcèlement sexuel feutré et harcèlement moral dans le plafond. Je l’appuie à 100 pour 100%. Je le fais parce que je n’ai pas toujours été un cadeau, moi non plus, au boulot, avec des collègues de travail. Les mains baladeuses, on appelle-ça.
    Je n’en suis suis pas fier. Ceci dit, ma sortie d’aujourd’hui n’est pas dirigée vers une personne mais un comportement. J’en fais une affaire personnelle. Toi, Jean, prends-le pas personnel, prends-le collectif !

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