HYÈNES EN JUPONS

Collectif féministe qui dérange pour transformer

À propos de la non-mixité

Collaboration externe d’un groupe de participantes à la manif non-mixte du 7 avril: le collectif spontané Queez!

En réponse à celleux* qui ne reconnaissent pas la nécessité qu’est la non-mixité.

La non-mixité consiste en des espaces de réflexion et d’action, créés par et pour les opprimé.e.s, dans une perspective de lutte autogérée contre les systèmes d’oppression.

INCLUSION ET EXCLUSION : QUELLE BELLE DICHOTOMIE

manarchist Les accusations contre l’organisation en non-mixité ne datent pas d’hier. Des attaques quant à notre, semble-t-il, exclusion des hommes des espaces féministes sont fréquentes, désagréables et choquantes. Car, qu’est-il entendu ici par exclusion? Le fait de ne pas « permettre » aux hommes de s’impliquer dans les luttes féministes?

Cette revendication d’une « inclusion », provenant d’hommes cisgenres (né du sexe mâle et performant le genre masculin) généralement blanc et hétérosexuel, ayant accès à leurs privilèges masculins, est problématique. Ceux-ci sont-ils sans connaître l’histoire de tous ces hommes qui ont exclu et excluent encore systématiquement femmes et personnes marginalisées des lieux de pouvoir, des possibilités de prises de parole? La culture du viol, les violences domestiques, physiques et psychologiques, la division sexuelle des tâches, sont quelques-unes de ces dynamiques qui placent de facto les hommes dans une position de POUVOIR et les femmes dans celle de l’obligation à la SOUMISSION.

En vous imposant dans une manifestation féministe qui critique les dynamiques structurelles patriarcales, vous ne faites que réduire, une fois encore, la parole des femmes. Vous vous inscrivez dans des mécanismes de domination et ne remettez pas en cause les privilèges qui vous ont été accordés. Comment la discussion peut-elle être possible?

LA NON-MIXITÉ N’EST PAS UN CHOIX, C’EST UNE NÉCESSITÉ!

La non-mixité est-elle un choix quand on est muselées dans les espaces mixtes? Quand nos colères sont étouffées, considérées comme non légitimes, quand on nous impose de parler moins fort tout en s’appropriant nos idées, qu’on nous demande d’atténuer notre rage (qui ne serait, selon vous, pas politique) afin de discuter de façon « rationnelle », ou quand on pose le féminisme comme lutte secondaire?

Et vous nous demandez de ne pas nous révolter de cette situation? Alors, de quelle grève parle-t-on? Certainement pas celle que nous désirons mener.

Nos bâillons, nous les retirerons nous-mêmes et vous, les mascu, les anti-féministes, les manarchistes et autres militants « de gauche » macho, n’avez pas votre place dans nos luttes, car trop souvent, vous jouez le même jeu que la police et le gouvernement, en vous imposant, en étant paternalistes quant à la manière dont nous devrions lutter. Nous n’acceptons pas que vous nous disiez comment vivre notre féminisme, comment ressentir nos oppressions et les combattre.

Si vous ne savez pas, asseyez-vous, écoutez, lisez. Soyez autonomes dans vos apprentissages.

Nous créerons nos propres rythmes, nos propres modes d’action, nos propres solidarités et choisirons nos allié.e.s! Ce qu’est une réelle solidarité est toujours défini par celleux avec qui ont se dit en solidarité. Nous continuerons à nous organiser sous la bannière de la non-mixité, car c’est en faisant nos propres choix que nous reprendrons contrôle sur nos luttes et que nous pourrons construire de vraies libertés. Libertés d’où naîtront des solidarités consentantes!
Nous ne nous laisserons pas avoir, l’austérité est patriarcale.

Voyez cela comme un geste d’hostilité féministe!

SI VOUS DÉCIDEZ D’ALLER LIRE …
http://www.rcentres.qc.ca/files/rapportnonmixite.pdf
http://lmsi.net/La-non-mixite-une-necessite

Pour télécharger le tract, c’est par ici.

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10 commentaires sur “À propos de la non-mixité

  1. une catho progressiste
    6 avril 2015
  2. mfchappaz
    6 avril 2015

    A reblogué ceci sur michele chappazet a ajouté :
    La non-mixité est, en effet, une nécessité. Combien de discussions amènent autant de femmes que d’hommes au micro? Combien des propos des femmes sont-ils proportionnels (en temps) à ceux des hommes? Que pour ces raisons, la non-mixité permet aux femmes de délimiter leurs propres luttes, leurs propres espaces de discussion et d’apprentissage. Félicitations à ces braves femmes qui organisent ces manifestations et qui gèrent les réactions négatives des hommes.

  3. Jacques
    11 avril 2015

    Vous avez raison: ma femme, mes filles ou mes collègues sont tout à fait capables de défendre leurs droits toutes seules dans une société encore inégale. Elles n’ont nullement besoin d’être chaperonnées et encore moins être aidées. J’ai toujours ressenti que l’établissement – par des hommes – de mesures spéciales pour promouvoir les femmes était finalement le summum du machisme et une injure faite aux femmes. Dans ma vie professionnelle, j’ai confié des postes à responsabilité à 3 femmes et 1 homme sans aucun regard à leur genre: seules les compétences et l’humanité d’une personne compte. Je ne leur ai pas donné un poste, elles l’ont pris!

    Plein de succès à toutes!

  4. Ping : Réflexion sur le féminisme | Le Littérateur Médiatique

  5. Giuliano
    5 mai 2015

    Que pensez-vous de la non-mixité à l’école ?

  6. alagarconniere
    20 mai 2015

    Super le post, et le tracte, mais c’est important de mentionner l’artiste, Jenna Brager: http://www.sassyfrasscircus.com/#_=_

  7. Porte
    3 février 2016

    LA non mixité me semble nécessaire pour créer des espaces safe, de partages d’expériences, etc … et se justifie totalement et inconditionnellement. C’est sa généralisation dans des structures politiques ou associatives qui m’interroge.

    « Cette revendication d’une « inclusion », provenant d’hommes cisgenres (né du sexe mâle et performant le genre masculin) généralement blanc et hétérosexuel, ayant accès à leurs privilèges masculins, est problématique. Ceux-ci sont-ils sans connaître l’histoire de tous ces hommes qui ont exclu et excluent encore systématiquement femmes et personnes marginalisées des lieux de pouvoir, des possibilités de prises de parole? »
    Cette phrase me pose plusieurs questions qui , je l’espère, parviendront à trouver une réponse ici.
    La première et la plus évidente : si le but est de combattre l’exclusion des femmes et la division sexuée de l’espace social, pourquoi chercher à rejouer ce funeste mécanisme ? Cela permet il me semble de renforcer cette division en entérinant la différence femme/homme plutôt qu’en la contestant.

    La deuxième concerne à la fois la notion d’ hommes cisgenres généralement blanc et hétérosexuel et celle de personnes marginalisées: Ces deux notions sont-elles antinomiques ? Si tel est le cas, ne croyez-vous pas taire un grand nombre d’articulation de domination par là ? Je veux dire, pensez-vous qu’un homme blanc hétérosexuel et cisgenre et forcement dominant? SI cet homme est analphabète ou aveugle ou réfugié politique (trois exemples totalement différent, qui ne doivent pas être mis sur le même plan), est-il si dominant et oppresseur que ça ?

    La troisième question est d’ordre pratique: pour transformer la société, il me semble difficile de ne pas faire intervenir les forces qui habituellement concourent consciemment ou non à la perpétuation des structures d’oppression. N’est-ce pas contre-productif ? Personne ne pense pas à exclure les non juifs des politiques de luttes contre l’antisémitisme, ou à refuser la participation de pur produit de la reproduction sociale dans les politiques d’égalité des chances.

    J’espère ne pas être trop long.

    • Math
      18 février 2016

      je me pose les même questions. La definition du féminisme est: un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, établir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. comment réussir ce projet de société en excluant un certain pourcentage des personnes concernées a cause de leurs genre, origine et de leurs orientation sexuelle… je trouve cela discriminatoire et contraire a l’objectif de base qui est de créer une société égalitaire.

  8. Math
    18 février 2016

    je me pose les même questions. La definition du féminisme est: un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, établir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. comment réussir ce projet de société en excluant un certain pourcentage des personnes concernées a cause de leurs genre, origine et de leurs orientation sexuelle… je trouve cela discriminatoire et contraire a l’objectif de base qui est de créer une société égalitaire.

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Cette entrée a été publiée le 6 avril 2015 par dans Coups de gueule, Débats, et est marquée , , , , .
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