HYÈNES EN JUPONS

Collectif féministe qui dérange pour transformer

Le bon féminisme

 

MjAxMS0xZWMwMDAyNDU0Y2MzMWU0Suite à l’affaire Jean-François Mercier, nous avons eu droit à quelques conseils bien avisés de la part de nombreux messieurs. Nous ignorons encore si c’est leur plus gros cerveau ou leur poil sul’ chest qui leur confère cette clairvoyance, mais nous avons cru bon de vous faire part de leurs avis éclairés et bien renseignés sur la marche à suivre quant aux discours et tactiques féministes. Afin d’ajouter aux commentaires des derniers jours, nous avons joint quelques conseils d’hommes cueillis ici et là, au fil de débats sur l’actualité dans les derniers mois.

 

Le bon féminisme en est un d’égalité ; en opposition au mauvais féminisme, qui en est un de supériorité des femmes et de matriarcat. Au Québec, nous avons longtemps vécu dans un système matriarcal, où les femmes régnaient telles des tyrans sur le reste de la famille en décidant des menus de la semaine et de l’heure du coucher des enfants. À cela s’ajoute le contrôle du système d’éducation par les bonnes sœurs jusque dans les années 1960, ce qui fait en sorte qu’aujourd’hui, les filles réussissent mieux à l’école. La menace du matriarcat plane encore aujourd’hui ; il faut donc empêcher son retour par tous les moyens nécessaires.

 

Le bon féminisme n’exige pas le changement social, il demande poliment des réformes. Le bon féminisme fait signer des pétitions, présente des exposés bien documentés à l’Assemblée nationale et émet des recommandations aux politiciens. Le bon féminisme veut voir plus de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Le bon féminisme prône l’image corporelle diversifiée ; les femmes peuvent continuer à tenir des valises au Banquier, en autant qu’il y en ait des « rondes » (pas juste des triangulaires, t’sais). Le bon féminisme est raisonnable, modéré et rassembleur. L’égalité des sexes est atteinte depuis longtemps ; il s’agit seulement de faire quelques ajustements mineurs. Le mauvais féminisme refuse le mythe de l’égalité déjà-là et estime qu’il faut renverser le système patriarcal. Le mauvais féminisme n’accepte pas les compromis et n’attend pas après une dixième pétition infructueuse pour changer de moyens d’action. Le mauvais féminisme utilise des tactiques extrémistes, comme les graffitis et l’affichage illégal. Le mauvais féminisme est revanchard, effrayant, repoussant et vise à émasculer les hommes.

 

c9a05f77ba5fd8a13d97fe59adb53c91Le bon féminisme se base sur les aptitudes naturelles des femmes et sur leur savoir-faire dans certains domaines d’intervention. Elles peuvent bien prendre soin des femmes victimes de violence conjugale et militer pour l’accès à la contraception, en autant qu’elles se limitent aux affaires de femmes. Le mauvais féminisme tire ses racines dans l’Allemagne nazie ; d’où l’appellation « féminazie » pour désigner ses défenderesses. Les adeptes du féminazisme réclament le beurre et l’argent du beurre. Non seulement veulent-elles avoir accès à des moyens de contraception et à une sexualité libre, mais elles souhaitent également éradiquer la « culture du viol ». Si cette culture venait à disparaître, les êtres humains, et particulièrement les hommes, devraient s’assurer du consentement sexuel de leur partenaire. Ils devraient aussi délaisser certaines attitudes comme le victim-blaming, qui blâme les victimes d’agression sexuelle sur la base de leur comportement et/ou leur habillement, ainsi que le slut-shaming, qui consiste à reprocher aux femmes des tenues « trop sexy » ou une sexualité trop libérée. Il faut freiner cette extinction culturelle avant qu’il ne soit trop tard. N’attendons pas que les femmes s’habillent comme elles le souhaitent, sortent à l’heure qu’elles veulent et fréquentent les lieux qui leur plaisent sans se faire harceler, catcaller ou agresser.

 

Le bon féminisme ne dénonce pas publiquement les agressions sexuelles. Le bon féminisme comprend que pour chaque agression, il y a les deux côtés de la médaille, les deux versions de l’histoire. Le bon féminisme sait que la vengeance n’est pas la solution, et qu’une fausse dénonciation pourrait ruiner la vie d’un homme. Le bon féminisme laisse le bénéfice du doute aux agresseurs. Il faut passer par les institutions en place : la police, le système de justice et la prison. Le mauvais féminisme encourage le lynchage et les chasses aux sorcières. Le mauvais féminisme fait confiance aux femmes qui ont vécu des agressions, en prenant pour acquis qu’il est déjà assez difficile de parler publiquement après avoir été violée. Le mauvais féminisme encourage la justice transformatrice, car la prison n’est pas une fin en soi et elle ne fait que punir, alors que l’objectif est de changer les comportements des hommes.

 

Le bon féminisme sait où est la place des femmes et quel est l’ordre naturel de la famille. Il est normal que les femmes prennent davantage soin des enfants en raison de leur instinct maternel. Elles ont également des standards de propreté plus élevés ; il est tout à fait sain qu’elles passent plus de temps à nettoyer la maison. Après tout, les hommes font quand même leur part en sortant les vidanges deux fois par semaine. Le bon féminisme comprend que tout est une question de choix de partenaire. Si un conjoint ne participe pas assez aux tâches, la femme n’avait qu’à choisir un autre homme. Le mauvais féminisme se mêle de la vie privée des couples et réclame une répartition égale du travail ménager. Le mauvais féminisme estime que ce n’est pas sur les femmes que devrait reposer la plus grande partie de la planification familiale. Et lorsqu’il y a divorce, le mauvais féminisme réclame aux pères des pensions alimentaires, jusqu’à les pousser à la banqueroute.

 

Le bon féminisme est blanc et occidental. Le bon féminisme sait ce qui est bon pour les femmes non-blanches et non-occidentales. Le bon féminisme sait que le port du hijab est un signe de soumission et d’inégalité entre les sexes. Le bon féminisme est tellement bon, qu’il est prêt à indiquer la marche à suivre aux autres femmes à travers un Collectif pour l’égalité des femmes. Le mauvais féminisme est multi-culturaliste, musulman ou fédéraliste. Le mauvais féminisme estime qu’il revient à chaque femme de choisir comment elle vit et elle affiche sa culture ou ses croyances religieuses.

 

Le bon féminisme est défendu par de jolies femmes hétérosexuelles qui portent de beaux vêtements, qui se rasent les aisselles, qui aiment les pénis et qui sont bien baisées par leur chum ou leurs amants. Celles-ci sont attirantes mais pas trop slut non plus. Ça serait le genre de fille que tu présenterais à tes parents. Elles ont le sens de l’humour et rient des blagues grivoises. Le mauvais féminisme est porté par des femmes lesbiennes, poilues, mal baisées et au vagin sablonneux. Elles habitent dans Hochelaga et font sûrement du dumpster diving le vendredi soir en jasant contre les hommes. Elles sont coincées et ne rient pas des jokes machos. Elles ont des daddy issues qui les ont rendues extrémistes dans leur féminisme car, évidemment, leur radicalisme ne saurait être expliqué par des motifs politiques.

 

75240e3f796abc3eafc87d7fd3ea1712Le bon féminisme laisse toute la place aux hommes au sein du mouvement féministe, et écoute leurs avis avec attention et considération. Le bon féminisme se consacre à la bonne lutte, aux vrais combats importants. Le mauvais féminisme fonctionne en non-mixité et réclame l’entière autonomie des femmes dans leur mouvement. Le mauvais féminisme se trompe, choisit les mauvaises cibles et nuit aux hommes. Car le bon féminisme est égalitariste ; il devrait être aussi profitable aux hommes qu’aux femmes.

Le bon féminisme n’a plus besoin du féminisme – ni des femmes.

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8 commentaires sur “Le bon féminisme

  1. Josiane
    10 juillet 2015

    Il y a une petite faute dans cette phrase  » Le mauvais féminisme fait confiance aux femmes qui ont vécu des agressions, en prenant pour acquis qu’il est déjà assez difficile de parler publiquement après avoir éré violée. »

  2. jeanpaulbrenelin
    10 juillet 2015

    extra

  3. Nom
    10 juillet 2015

    Une straw man (ou woman, hen!) fallacy contre une autre.

  4. Charlotte
    11 juillet 2015

    Les filles, je parfais mon éducation féministe à chaque fois que je vous visite!

  5. Berthiaume Patrice
    13 juillet 2015

    Avant d’utiliser le terme matriarcat à toutes les sauces : Définition du Matriarcat : une société sans père ni mari, mais pas sans oncles – la famille naturelle
    Le matriarcat (« droit maternel », ou « ordre social maternel », et non pas « pouvoir aux femmes ») est un modèle de société structuré sur la filiation maternelle, et où l’autorité parentale légale est exclusivement maternelle : le père biologique n’a aucun droits sur l’enfant. La mère et non le père détient la propriété, c’est à dire le pouvoir réel : sur l’enfant, la maison, la terre, les richesses… – Matricien.org

  6. Claire
    13 juillet 2015

    Pourquoi le bon et le mauvais féminisme condamnent vigoureusement les concours de Mini Miss, mais jamais les minis accoutrements religieux? L’instrumentalisation du corps des fillettes (sous toutes ses formes) ne devrait-elle pas faire l’objet de la même indignation?

  7. carolinehuens
    13 juillet 2015

    A reblogué ceci sur Caroline Huenset a ajouté :
    Je suis une mauvaise féministe, une autre hyène en jupon ou en pantalon, short, voire carrément nue et j’arrache les bites et les couilles avec mes crocs baveux à toute heure du jour ou de la nuit ! 🙂

  8. natascha
    31 juillet 2015

    vraiment extra oui, merci

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Cette entrée a été publiée le 10 juillet 2015 par dans Actualité, Coups de gueule, et est marquée , , , .
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